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« Grâce divine »: sans
perte en vies humaines
November 12th 2008
(LENOUVELLISTE)
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Moins de huit jours après le drame horrible de Nérette,
une autre catastrophe vient de se produire ce mercredi au Canapé-Vert
où une partie de l'Institution Mixte Grâce divine,
située dans un corridor à la rue Reine, s'est effondrée.
Cet accident a eu lieu aux environs de 11 heures a.m. au moment
où les écoliers, en récréation, ne se
trouvaient pas dans les salles de classe. Aucun mort par conséquent
n'a été recensé. Mais, selon la protection
civile, 7 enfants et un adulte en sont sortis blessés, dont
trois grièvement. Ces derniers sont gardés à
l'Hôpital du Canapé-Vert alors que les cinq autres
ont été transportés à l'hôpital
de l'Université d'Etat d'Haïti.
Toit en béton affaissé, murs fissurés et des
blocs de ciment éparpillés au sol...tel est le tableau
sombre que présente pour l'instant cette partie de l'école,
construite en dehors des normes requises. Le pasteur Célestin
Béliçoit, qui est à la fois directeur et fondateur
de cet établissement scolaire, a été appréhendé
par la police quelques heures après l'accident, avons-nous
appris.
Peu de temps après, des centaines de curieux se trouvaient
déjà sur place pour constater les dégâts.
Des officiels et responsables d'organisations aussi. 12h10. Le ministre
des Travaux publics, Transports et Communications, Jacques Gabriel
s'est rendu sur les lieux. Apparemment préoccupé,
il a fait ses premières déclarations à la presse.
« Nous avons beaucoup de travail à faire, lâche-t-il
avant même d'évaluer les dégâts. Nous
allons prendre les dispositions qui s'imposent afin de suspendre
ces constructions anarchiques. »
Si le ministre de l'Education nationale, Joël Desrosiers Jean-Pierre,
sous le choc peut-être, refuse de répondre aux questions
des journalistes, le ministre de l'Intérieur, de son côté,
s'est adressé aux travailleurs de la presse. Paul Antoine
Bien-Aimé a indiqué clairement que la MINUSTAH lui
a demandé d'autoriser le ministre Jacques Gabriel à
passer immédiatement à l'opération de déblaiement
de la maison effondrée. Et les autres constructions anarchiques
seront démolies probablement. Ces maisons poussent comme
des champignons dans ce coin de la capitale.
Alors que des secouristes sont à pied d'oeuvre au Canapé-vert,
ils entendent dire qu'une situation similaire se développe
dans un autre quartier de la capitale. « Une autre école
s'est effondrée à Christ-Roi »,a dit une personne
dans la foule. Panique. Comme des fourmis folles, une multitude
de gens courent dans toutes les directions pour se rendre sur les
lieux. Des journalistes également. En y arrivant, ils apprennent
qu'il ne s'agissait pas effectivement d'un effondrement. C'était
une fausse alerte, a constaté sur place un reporter du quotidien
Le Nouvelliste.
Au fait, après avoir appris qu'une école s'est effondrée
au Canapé-vert, les élèves du collège
Le Pragmatisme se sont affolés et se sont empressés
de quitter leur établissement; une dizaine d'entre eux ont
été alors blessés.
L'effondrement, vendredi 7 novembre 2008, du collège «
La Promesse Evangélique », située dans le quartier
de Nérette, à Pétion-ville, est, selon plus
d'un, à la base de cette psychose de peur chez les écoliers.
Cette catastrophe, rappelons-le, a fait, selon le bilan officiel,
89 morts et plus de 150 blessés.
Deux journées de deuil national
En hommage à ces victimes, les autorités haïtiennes
ont décrété deux journées de deuil national
les jeudi 13 et vendredi 14 novembre 2008. En effet, d'après
un arrêté présidentiel, le drapeau national
sera mis en berne, les discothèques, les night-clubs et autres
lieux de divertissement resteront fermés et les stations
de radio et de télévision sont invitées à
programmer des émissions de circonstance. Les écoles,
poursuit cet arrêté, sont invitées également
à consacrer une partie de leur enseignement à la réflexion
sur la catastrophe.
Au moment où s'est produit l'accident à l'Institution
Mixte Grâce Divine qui accueille généralement,
selon un riverain, une centaine d'écoliers en maternelle,
primaire et secondaire, des techniciens du Centre national des équipements
mettaient encore les bouchées doubles pour démolir
complètement le bâtiment qui logeait le collège
« La Promesse évangélique » de Nérette.
Là-bas, riverains et proches des victimes, traumatisés,
vivent encore un cauchemar. De son côté, le propriétaire
de l'école, le pasteur Augustin Fortin, se trouve depuis
lundi derrière les barreaux au Pénitencier national.
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